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112 FORUM INTERNATIONAL DE LA CHIMIE 2025 > Mai 2025 113
PANEL 3
RECHERCHE INNOVATION ET TALENTS
L’écosystème scientifique au cœur du futur industriel de la
Abderrahmane Zaghrary, Secrétaire général de la Fédération
Abderrahmane de la Chimie et de la Parachimie. Il siège également au chimie marocaine
Zaghrary conseil d’administration de Vilion et dirige une entreprise de
–> Modérateur
Secrétaire général cosmétique basée à Casablanca. Actif au sein de la Fédération
de la Fédération de de la Chimie et de la Parachimie, il œuvre aux côtés des À l’heure des transitions énergétiques, numériques et écologiques, la chimie marocaine ne peut évoluer sans
la Chimie et de la membres du board pour structurer un écosystème compétitif, un investissement massif et structuré dans la recherche, l’innovation et les talents. Le troisième panel de
Parachimie valoriser les compétences nationales et faire émerger un hub la deuxième journée du Forum International de la Chimie a exploré les ressorts de cette transformation en
international marocain de la chimie. s’appuyant sur la complémentarité entre chercheurs de rang mondial, universités marocaines et fédérations
industrielles.
Rachid Yazami, Physicien et électrochimiste marocain. Il est
Rachid Yazami l’inventeur de l’anode en graphite utilisée dans les batteries
Physicien et lithium-ion. Fondateur et CTO de KVI Holdings, il détient plus
électrochimiste de 150 brevets et a publié plus de 200 articles scientifiques.
marocain Récompensé par le Draper Prize et la Légion d’Honneur, il
œuvre à faire du Maroc un pôle d’innovation technologique
en électrochimie et matériaux avancés.
Mohamed Laabi Kerkeb, Président de l’Université Ibn Tofail de
Mohamed Laabi Kénitra. Il est aussi ancien directeur du Centre de ressources Les fondations d’un écosystème national
Kerkeb informatiques de l’Université Abdelmalek Essaadi. Expert en
Président de électronique et matériaux, il siège au conseil scientifique de Abderrahmane Zaghrary, modérateur du panel, haut niveau, les centres techniques et les industriels,
l’Université Ibn Tofail
de Kénitra l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF). Il œuvre secrétaire général de la Fédération de la Chimie et en misant sur la co-innovation et le transfert
pour une université connectée aux enjeux industriels, ouverte de la Parachimie (FCP), a ouvert la discussion en technologique.
à l’innovation et à l’entrepreneuriat scientifique. appelant à une alliance nationale entre industrie,
université et pouvoir public. « Le triptyque recherche, Enfin, il insiste sur la nécessité de redonner un rôle
innovation et talents doit être au cœur de notre central à l’université dans la stratégie industrielle
du pays. « Nous ne pourrons pas bâtir une chimie
souveraineté industrielle », affirme-t-il. Ce socle, selon
lui, est aujourd’hui encore fragmenté, malgré des pôles compétitive sans un socle académique fort, sans
laboratoires bien financés, sans formations alignées
d’excellence prometteurs. « Il faut une architecture sur les besoins du marché », conclut-il. Le ton est
qui fédère les ressources humaines et scientifiques,
Hassan Qjidaa, Responsable de la recherche et développement du laboratoire jusqu’à l’usine », insiste-t-il. donné : faire de la recherche et de l’innovation des
Hassan Qjidaa à l’Université Privée de Fès (UPF). Il est spécialisé en vision moteurs industriels, non des mondes isolés.
Responsable de Zaghrary revient également sur le rôle de la FCP
la recherche et par ordinateur, intelligence artificielle et traitement d’images. dans cette dynamique. La fédération veut devenir
développement à Il défend une recherche appliquée ancrée dans les réalités un catalyseur de projets structurants en s’appuyant
l’Université Privée industrielles et plaide pour une intégration forte entre monde
de Fès (UPF) académique et tissu économique, notamment par l’immersion sur les universités, les start-ups technologiques
des étudiants dans des projets d’innovation concrets. et les compétences marocaines du monde entier.
« Nous devons penser local et global. La matière
grise marocaine rayonne à l’international : il faut la
reconnecter à l’écosystème national », plaide-t-il.
Il appelle à créer des ponts entre les chercheurs de

